Juillet
1960…
Promenade des
Anglais….
j’en avais vu des photos
mais elles étaient très loin
de la féerique réalité
que j’avais sous les yeux..
A vivre depuis toujours
dans les brumes du nord ,
seule une imagination débordante
pouvait donner une vague idée de la réelle existence d’un tel endroit .
Je me pince pour être sûr de ne pas rêver…..
nous déambulons au milieu d’une foule bronzée multicolore ,
tout respire richesse et joie de vivre .
Derrière un parapet ourlé d’une rangée de palmiers ,
au-delà du tapis de parasols qui couvre le littoral en contrebas ,
toute cette eau céruléenne limitée par l’horizon…..c’est la Méditerranée…
Immobile reflet scintillant de l’immensité d’un ciel lumineux ,
sans le moindre nuage pour troubler sa parfaite limpidité..
La côte d’Azur ,
une définition qui prend tout son sens tandis que je m’emplis les yeux ,
le nez , les oreilles , le corps tout entier d’une cascade de fabuleuses sensations…
Nous nous sentons un peu perdus et vaguement effrayés ,
noyés dans une cohue et une agitation tellement nouvelle ,
légèrement étourdis comme à la descente d’un manège ,
il nous faut penser au futur immédiat.
Venir en stop jusqu’ici , c’était relativement facile ,
dénicher une voiture qui accepte de nous amener jusqu’à Lantosque ,
quelque part , on ne sait trop où , dans l’arrière pays ,
risque de l’être beaucoup moins.
D’un commun accord nous décidons de trouver quelqu’un
qui nous indique le chemin de la gare routière…
C’est ainsi que nous nous retrouvons vautrés
sur les coussins défraîchis d’un vieil autocar brinquebalant ,
les sacs sur le toit ,
à zigzaguer sur le tracé hasardeux d’une route étroite
encaissée entre muraille et précipice ,
à traverser tunnels suintants et ponts minuscules sur des lits de galets .
Le paysage est grandiose , j’en oublie d’avoir peur ,
ignorant les périls d’un parcours de montagnes russes qui frise le rocambolesque..,
nous avons l’émerveillement naïf de deux enfants nécessiteux
devant un gigantesque arbre de Noël…
A la sortie d’un dernier virage ,
le vieux bus s’immobilise dans un soupir plaintif et déchirant
sur une placette cernée de bancs publics
où des vieillards appuyés sur leur canne , assis à l’ombre de marronniers séculaires ,
nous regardent avec curiosité sauter dans la poussière
et charger péniblement nos sacs sur les épaules.
Nous sommes les seuls à descendre à cet arrêt ,
dans un inquiétant tremblement de la totalité de sa ferraille usée ,
le car donne deux longs coups d’avertisseur et disparaît dans un énorme nuage jaunâtre en direction de Saint Martin-Vésubie…..
Lantosque…nous voilà pratiquement au bout de nos peines…
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